Qu’il s’agisse de consommations d’énergie ou d’irrigation agricole, de modes de déplacement ou de production de déchets, la sobriété conditionne la construction du territoire de 2040. Elle forme un principe constant des stratégies d’adaptation et doit guider la décision publique aussi bien que les usages professionnels et les écogestes du quotidien. La raréfaction de la ressource en eau rend nécessaire un partage vertueux des usages et la recherche de pratiques économes, en lien par exemple avec la transition de l’agriculture dont certaines productions restent incompatibles avec la gestion de la ressource et sa saisonnalité. La promotion des mobilités actives, sur un territoire à dominante (auto)routière, la massification des initiatives en faveur d’un bâti économe, et la diminution des nuisances lumineuses, assez denses sur la bordure littorale, doivent favoriser la décarbonation et la transition énergétique de la Narbonnaise en Méditerranée. Une démarche de médiation devra favoriser l’adoption de pratiques économes par tous les publics, afin que la sobriété ne soit pas perçue comme une restriction mais
comme le vecteur d’une société plus apaisée. Par exemple, la proscription des pesticides dans l’agriculture protège la qualité de l’eau ; l’utilisation d’écomatériaux contribue à la durabilité du bâti ; la réduction des déchets s’inscrit dans le développement d’une économie circulaire, sociale et solidaire porteuse d’emplois innovants. L’exigence d’exemplarité ainsi, au sein du projet de territoire, est le substrat de nouveaux modèles sociétaux et économiques à faire émerger et à déployer.
